La femme sait un art avant le diable
La femme sait un art avant le diable.
Il faut que cet art soit de notoriété publique pour que son nom ait pu être supprimé dans le texte proverbial sans donner à personne l'embarras de le deviner. Est-il quelqu'un, en effet, qui ait besoin de consulter la glose (explication) pour savoir que c'est l'art de tromper ?
La glose dit que la femme la plus innocente est plus habile pour tromper que le diable le plus malin. Je n'examinerai point si cette glose n'est pas pire que le texte, et s'il n'y a pas beaucoup à rabattre de cette opinion, si accréditée parmi les hommes, que la femme est un être pétri de ruse, de fausseté et de malice, qui met tout son esprit à ne pas se laisser deviner, pour mieux assurer le succès de ses artifices, et dont on ne doit attendre que d'amères déceptions.
Je me borne à rapporter l'accusation publique formulée par le proverbe, sans prétendre la juger, et je laisse au beau sexe le soin d'y répondre, ce qu'il ne manquera pas de faire ; car jamais femme, dit-on, n'a gâté sa cause par son silence.
Voir aussi Ce que diable ne peut, femme le fait et Les femmes sont toutes fausses comme des jetons.
Imputer aux femmes une supériorité dans 'l'art de tromper' fonctionne comme une accusation préventive : toute parole, tout silence, toute attitude féminine peut alors être interprété comme manœuvre. C'est exactement la définition d'un stéréotype invalidant que la critique féministe a démontée tout au long du XXe siècle.
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