Proverbe sur le mariage

Rester pour coiffer sainte Catherine

Rester pour coiffer sainte Catherine.

C'était autrefois l'usage, en plusieurs provinces, le jour où une jeune fille se mariait, de confier à une de ses amies, qui désirait faire bientôt comme elle, le soin d'arranger la coiffure nuptiale, dans l'idée superstitieuse que cet emploi portant toujours bonheur, celle qui le remplissait ne pouvait manquer d'avoir, à son tour, un époux avant la fin de l'année. Et l'on trouve encore au village plus d'une jouvencelle qui, sous l'influence de cette superstition toujours existante, prend secrètement ses mesures afin d'attacher la première une épingle au bonnet d'une fiancée. Or, comme un tel usage n'a jamais pu être observé à l'égard d'aucune des saintes connues sous le nom de Catherine, puisque, d'après la remarque des légendaires, toutes sont mortes vierges, on a pris de là occasion de dire qu'une vieille fille reste pour coiffer sainte Catherine ; ce qui signifie, en développement, qu'il n'y a chance pour elle d'entrer en ménage qu'autant qu'elle aura fait la toilette de noces de cette sainte, condition impossible à remplir.

Cette explication, qui m'a été communiquée, m'a paru bonne à rapporter, à cause des faits assez curieux qu'elle rappelle ; mais elle est un peu trop compliquée, et je ne crois pas qu'elle doive être admise. En voici une autre plus simple, fondée sur l'ancienne coutume d'habiller et de coiffer les statues des saintes dans les églises. Comme on ne choisissait que des vierges pour coiffer sainte Catherine, la patronne des vierges, il fut tout naturel de considérer ce ministère comme perpétuellement assigné à celles qui vieillissaient sans espoir de mariage, après avoir vu toutes les autres se marier.

Les Anglais disent dans le même sens : To carry a weeping willow branch. Porter la branche du saule pleureur, parce que le saule, emblème de la mélancolie, est particulièrement regardé, en Angleterre, comme l'arbre de l'amour malheureux, opinion confirmée par la vieille romance du Saule, dans laquelle gémit une amante abandonnée.

Ils disent aussi : Conduire des singes en enfer, pour signifier vieillir fille. Cette expression singulière, employée par Shakespeare dans La Méchante femme mise à la raison (acte II, scène I), et dans Beaucoup de bruit pour rien (acte II, scène I), est prise de leur vieux proverbe : Les vieilles filles conduisent les singes en enfer. Ce qui vient peut-être de la supposition très impertinente que les vieilles filles ne peuvent tenter que des singes.

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