Bonne amitié est une autre parenté
Bonne amitié est une autre parenté.
Ce proverbe, qui fait l'éloge de l'amitié en l'égalant à la parenté, était fort accrédité au Moyen Âge, où l'on regardait la parenté comme le plus fort des liens humains. Dire de l'amitié qu'elle est « une autre parenté », c'était la hisser au plus haut.
Les chevaliers du XIIᵉ siècle pratiquaient une institution remarquable, le compagnonnage, qui était une véritable adoption fraternelle entre deux hommes. On échangeait des armes, on jurait fidélité à mort, on partageait tente, monture et fortune.
Frater est amicus quem natura concedit ; amicus est frater quem voluntas adoptat. « Le frère est un ami que la nature donne ; l'ami est un frère que la volonté adopte » (sentence médiévale)
Le couple Roland et Olivier, dans la Chanson de Roland, est l'archétype littéraire de cette parenté élective. Ils ne sont pas frères de sang, ils sont frères d'armes ; et leur lien dépasse, dans le poème, celui qui les unit à leurs parents charnels.
Les Anciens avaient une formule pour cette adoption fraternelle.
Idem velle atque idem nolle, ea demum firma amicitia est. « Vouloir les mêmes choses et refuser les mêmes choses : voilà la vraie amitié » (Salluste, Catilina, XX)
Vouloir et refuser ensemble : voilà la marque de la parenté élue. Voir aussi Bonne amitié vaut mieux que parenté.
À lire aussi
Voir la page pilier Proverbes d'amitié, les proverbes d'amour, la page hub Femmes et mariage, ou retournez à l'accueil.