De sa grande amie de Clément Marot
Dedans Paris, ville jolie,
Un jour, passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
À la plus gaie demoiselle
Qui soit d'ici en Italie.
Un jour, passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
À la plus gaie demoiselle
Qui soit d'ici en Italie.
D'honnêteté elle est saisie,
Et crois (selon ma fantaisie)
Qu'il n'en est guère de plus belle
Dedans Paris.
Et crois (selon ma fantaisie)
Qu'il n'en est guère de plus belle
Dedans Paris.
Je ne la vous nommerai mie,
Sinon que c'est ma grande amie ;
Car l'alliance se fit telle
Par un doux baiser que j'eus d'elle,
Sans penser aucune infamie,
Dedans Paris.
Sinon que c'est ma grande amie ;
Car l'alliance se fit telle
Par un doux baiser que j'eus d'elle,
Sans penser aucune infamie,
Dedans Paris.
Ce poème est un bijou de grâce marotique. En quelques vers alertes, Marot raconte sa rencontre avec une demoiselle parisienne, « la plus gaie [...] qui soit d'ici en Italie ». Le ton est léger, la rime est facile, l'humour est discret : tout l'art de Marot tient dans cette aisance.
Marot est le dernier des grands poètes médiévaux et le premier des modernes. Sa langue, encore proche de celle de Villon, annonce déjà la clarté de la Pléiade. Ce poème, avec sa structure de ballade allégée, illustre la transition entre deux mondes poétiques.
Voir aussi Sonnet de Louise Labé et Madrigal de Ronsard.
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