Proverbe d'amitié

Dieu me garde de mes amis, je me garderai de mes ennemis

Dieu me garde de mes amis ; je me garderai de mes ennemis.

On peut se garantir de la vengeance d'un ennemi déclaré, mais il n'y a pas de défense contre la trahison d'un ami. L'ennemi avance armé, par devant ; le mauvais ami glisse derrière, sans bruit, et frappe à l'endroit qu'on lui a soi-même indiqué dans la confidence.

Le mot est attribué à plusieurs auteurs anciens, notamment à Antisthène qui le disait sous la forme : « Garde-toi des flatteurs ; ce sont des bourreaux dorés. » Les Italiens disent : dagli amici mi guardi Iddio, dai nemici mi guardo io. Les Espagnols, plus brefs.

De mis amigos me libre Dios. « Que Dieu me préserve de mes amis » (proverbe espagnol)

Voltaire reprenait l'idée dans une lettre à d'Argental en 1760 : « Mes ennemis ne me font point de mal, mais mes amis m'assassinent. » La phrase est devenue le bréviaire de tous ceux qui, ayant connu le succès, ont vu leurs amis devenir mesquins par jalousie.

César, frappé à mort, ne se serait pas couvert le visage de sa toge en disant Tu quoque, fili mi ! s'il avait été frappé par Vercingétorix. Il l'a fait parce qu'il a été frappé par Brutus, son protégé, son favori, son « ami ». La trahison d'un proche fait mille fois plus de mal qu'une attaque d'inconnu.

Le proverbe rappelle qu'il faut choisir ses amis avec la même prudence qu'on choisit ses ennemis. Voir Il faut se dire beaucoup d'amis et s'en croire peu et Qui est ami de tous ne l'est de personne.

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Il faut se dire beaucoup d'amis
Qui est ami de tous ne l'est de personne
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Pour aller plus loin

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