Il faut aimer ses amis avec leurs défauts
Il faut aimer ses amis avec leurs défauts.
Il faut être indulgent pour les défauts de ses amis, car l'indulgence augmente l'amitié et la sévérité la détruit. L'ami parfait n'existe pas ; et celui qui voudrait n'aimer que des hommes sans défauts n'aimerait personne, parce qu'il n'aurait personne à aimer.
Horace, dans une épître à son ami Quintilius, formule cette indulgence avec finesse.
Vellem in amicitia sic erraremus. « Plût aux dieux que nous errions ainsi dans l'amitié » (Horace, Satires, I, 3)
Horace plaide pour qu'on traite les défauts d'un ami comme un père traite les défauts de son fils : non en les niant, mais en les minimisant, en les expliquant, en leur trouvant des excuses. L'œil de l'amitié est un œil indulgent par devoir autant que par tendresse.
Sénèque ajoute une nuance importante : l'indulgence doit aller jusqu'au défaut, jamais jusqu'au vice. Un ami léger, oublieux, susceptible : on tolère. Un ami malhonnête, faux, ingrat : on s'éloigne. Le défaut est un trait de caractère ; le vice est un choix moral.
La Bruyère résume admirablement : « Il faut rire avant d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri ; il faut aimer ses amis avec leurs défauts, de peur de n'aimer personne. » Voir aussi Qui aime Bertrand aime son chien.
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