Il n'y a de femme chaste que celle qui ne trouve pas d'amant
Il n'y a de femme chaste que celle qui ne trouve pas d'amant.
C'est ce qu'a dit Ovide dans le premier livre des Amours, élégie VIII. L'auteur des Lettres persanes a reproduit la même idée en ces termes :
Il est des femmes vertueuses ; mais elles sont si laides, si laides, qu'il faudrait être un saint pour ne pas haïr la vertu.
Jean de Meung, dans le Roman de la Rose, a exprimé la chose d'une manière plus énergique. Quelques poètes licencieux l'ont répétée avec un cynisme révoltant. Enfin il s'est rencontré des écrivains privés de tout sens moral, qui, prenant au sérieux ce que les autres n'avaient avancé que par jeu ou débauche d'esprit, ont osé développer, dans des pages sans raison comme sans pudeur, cette abominable opinion des Esséniens : qu'il est impossible à toute femme d'être chaste et fidèle.
Voir aussi Les femmes sont toutes fausses comme des jetons et De ce qu'on dit des femmes.
Ce proverbe, dans la lignée d'Ovide, ne dit pas une vérité sur les femmes mais traduit une obsession masculine du contrôle de la sexualité féminine. La 'chasteté' est posée comme valeur centrale pour les femmes seules : un asymétrie morale révélatrice de l'inégalité ancienne entre les sexes.
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