L'âme d'un amant vit dans un corps étranger
L'âme d'un amant vit dans un corps étranger.
Cet adage ingénieux, rapporté par Plutarque dans la Vie de Marc-Antoine, signifie qu'un amant est tout entier hors de lui-même, transporté dans la personne aimée.
Plutarque écrit :
L'âme de Marc-Antoine n'était plus à lui ; elle vivait dans le corps de Cléopâtre, et ne se retirait jamais de cette retraite étrangère.
L'observation est psychologique avant d'être métaphorique. La désinstallation de soi est l'un des effets les plus profonds de la passion amoureuse : on ne s'appartient plus, on est l'autre. C'est ce que Stendhal, dans De l'amour, appelle l'amour-passion, qu'il oppose à l'amour-goût.
Cette doctrine éclaire aussi les effondrements consécutifs aux ruptures : si l'âme vivait dans le corps de l'autre, sa disparition est plus qu'un deuil : c'est l'extinction d'une partie de soi.
Voir aussi L'amant se transforme en l'objet aimé et Un cheveu de ce qu'on aime tire plus que quatre bœufs.
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