Ô triste, triste était mon âme de Paul Verlaine
À cause, à cause d'une femme.
Bien que mon cœur s'en soit allé,
Eussent fui loin de cette femme.
Bien que mon cœur s'en soit allé.
Dit à mon âme : Est-il possible,
Ce fier exil, ce triste exil ?
Moi-même que nous veut ce piège
Encore que loin en allés ?
Ce poème est un aveu de tristesse amoureuse, formulé avec une économie de moyens qui fait toute la force de Verlaine. Le vers court (hexasyllabe) donne au texte une allure de complainte, presque de berceuse triste, où la cause du chagrin n'est jamais explicitement nommée.
« À cause, à cause d'une femme » : la répétition du complément causal suffit à Verlaine pour tout dire. Il ne raconte pas l'histoire ; il dit l'effet, et laisse le lecteur imaginer la cause. Cette technique de suggestion, qui deviendra la marque du symbolisme, est ici portée à la perfection.
Voir aussi Green, Colloque sentimental et Il pleure dans mon cœur.
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