Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a
Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.
Maxime de Bussy-Rabutin, devenue proverbe. La sagesse consiste à se contenter du présent, faute du désiré. Plutôt que de soupirer après l'absent, mieux vaut tirer son bonheur du disponible : c'est moins glorieux, mais plus durable.
L'observation est stoïcienne dans l'esprit. Épictète formulait la même règle.
Ne quaeras quod habere non potes ; gaude quod habes. « Ne cherche pas ce que tu ne peux avoir ; réjouis-toi de ce que tu as » (Épictète, Manuel)
La sagesse stoïcienne enseigne à ramener les désirs aux possibilités, et non l'inverse. Le malheur naît du décalage entre ce qu'on souhaite et ce qu'on a ; la sagesse résorbe ce décalage non en augmentant les biens, mais en diminuant les désirs.
Bussy-Rabutin, exilé sur ses terres de Bourgogne après une plaisanterie de trop contre Mademoiselle de la Vallière, avait eu le temps de méditer cette maxime. Privé de Versailles, il apprit à aimer ses bois, ses livres et la conversation de quelques voisins. Sa lettre où figure cette phrase est l'une des plus belles du XVIIᵉ siècle.
Madame de Sévigné, à qui la formule plaisait, l'avait reprise dans plusieurs lettres. Elle ajoutait : « Et il faut aimer ce que l'on a, comme si c'était ce que l'on désire. » Sans ce dernier effort, le proverbe se borne à la résignation ; avec lui, il devient une vraie sagesse.
Voir aussi Au nouveau tout est beau et Il faut connaître avant d'aimer.
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