Si ton ami te frappe, baise sa main
Si ton ami te frappe, baise sa main.
Recommandation tirée d'un proverbe d'Orient. Salomon avait écrit dans les Proverbes : « Les blessures que fait celui qui aime valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait » (XXVII, 6). La main qui frappe par amitié vaut mieux que la main qui caresse par fausseté.
Meliora sunt vulnera diligentis quam fraudulenta oscula odientis. « Mieux valent les blessures de l'ami que les baisers trompeurs de l'ennemi » (Proverbes, XXVII, 6)
Le proverbe est d'inspiration biblique et stoïcienne à la fois. Il enseigne que l'ami vrai a parfois le devoir de blesser pour soigner, comme le chirurgien qui ouvre l'abcès. Le coup donné par amitié n'est pas une trahison ; c'est un service douloureux.
Plutarque consacrait son traité De la franchise à cette exigence. Le rôle de l'ami, dit-il, n'est pas de plaire mais d'aider, fût-ce contre le gré momentané. Le malade refuse l'amertume du remède, mais le bon médecin la lui administre quand même.
L'image du baiser à la main qui frappe est outrancière, mais elle a son sens. Elle veut dire qu'il faut accepter la critique de l'ami sans aigreur, et même la lui rendre comme un cadeau : « tu m'as fait du bien en m'avertissant ; je te remercie de cette dureté qui m'épargne pis. »
Le proverbe rejoint Il faut dire la vérité à ses amis et Qui bien aime, bien châtie.
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