Un vieux ami est une seconde conscience
Un vieux ami est une seconde conscience.
Le vieil ami est une seconde conscience parce qu'il connaît nos faiblesses, nos secrets, nos compromissions ; et son seul regard, sans qu'il ait besoin de parler, nous rappelle à l'ordre. Devant un vieil ami, on ne peut pas tricher : il sait.
L'observation est ancienne. Cicéron, dans le De Amicitia, en faisait l'une des plus belles définitions de l'amitié haute.
Amicus alter ipse. « L'ami est un autre soi-même » (Cicéron, De Amicitia, XXI)
Un autre soi-même : c'est-à-dire un témoin, un juge, et un complice. Témoin de notre passé, qui se souvient quand nous oublions ; juge de notre présent, qui voit les écarts ; complice de notre vérité, parce qu'il a participé à tout et n'a rien à apprendre.
Madame de Sévigné, à qui son ami M. de Pomponne reprochait gentiment un mouvement de coquetterie, lui répondit : « Il n'y a que vous au monde qui me pussiez dire cela, parce qu'il n'y a que vous qui le sachiez. » Le vieil ami est dépositaire de cette intimité longue qui rend la critique légitime.
Le proverbe a son corollaire dans Qui vit sans amis ne sera pas longtemps sage : la conscience seule ne suffit pas, il lui faut le secours d'une conscience extérieure. Le vieil ami est cette voix d'autrui qui parle au-dedans de nous.
Voir aussi Vieux amis, vieux écus et Le temps embellit l'amitié.
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