Soif d'un baiser de Germain Nouveau
Et que le vent vient embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J'ai soif d'un baiser.
Pour éteindre cette rougeur,
Donne à boire à ma blessure
Ta bouche qui ment de douceur.
Que l'aube verse sur les fleurs ;
Que la rose de ta salive
Mouille la soif de mes douleurs.
Ta lèvre où germe un mot d'amour ;
Rien qu'une goutte de pervenche
Pour m'empêcher de mourir, un jour.
Ce poème est une flambée de désir condensée en quelques strophes. L'image de la ville qui s'allume et que le vent embrase transpose la soif du baiser en incendie urbain. Germain Nouveau, ami de Rimbaud et admirateur de Verlaine, y montre un lyrisme personnel, plus charnel que celui de ses maîtres.
Germain Nouveau est resté longtemps dans l'ombre de ses illustres compagnons. Redécouvert au XXᵉ siècle, il est aujourd'hui reconnu comme l'un des meilleurs poètes mineurs du symbolisme. Ce poème est l'un de ceux qui justifient le mieux cette réévaluation.
Voir aussi À la Saint-Valentin de Verlaine et Sonnet de Louise Labé.
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