Un bon mariage est difficile à faire, même en peinture
Un bon mariage est difficile à faire, même en peinture.
C'est ce que dit un jour un plaisant qui regardait les Sept Sacrements de Nicolas Poussin, quand il en vint à examiner le tableau du Mariage, plus faible que les autres, et le mot passa en proverbe.
Mais pourquoi un bon mariage est-il si difficile à faire ? Il faudrait, pour le dire, exposer tant de raisons, rappeler tant de faits, entrer dans tant de détails, que je serais obligé d'ajouter un second tome à ce petit livre, ce qui serait fort déplaisant pour les lecteurs qui auraient été tentés d'y jeter un coup d'œil par curiosité, dans leurs moments perdus.
Qu'on me permette donc de ne pas traiter la question. Si l'on désire en avoir au long la réponse, qu'on interroge certains mal-mariés, qui sont assez disposés à faire le récit de leurs infortunes, ou bien qu'on examine avec quelle légèreté, quelle irréflexion, quelle imprévoyance se forment les unions conjugales, surtout en France, où l'on se marie plus vite qu'en tout autre pays, soit par le désir de terminer sans retard cette affaire de pure spéculation, soit par l'effet de l'impatience qui compose en quelque sorte le fond du caractère français.
Cet examen suffira pour faire comprendre combien il est difficile que les parties contractantes, qui s'accordent sans se connaître, ne soient pas en désaccord dès qu'elles se connaissent, et qu'après s'être prises pour ce qu'elles ne sont pas, elles n'en viennent point à se quitter pour ce qu'elles sont.
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