Vieux amis, vieux écus
Vieux amis, vieux écus.
Dicton né au commencement du XIVᵉ siècle, sous le règne de Philippe le Bel, surnommé le Faux-Monnayeur parce qu'il avait fait altérer les écus d'or. Sous son règne, on préférait les anciennes pièces aux nouvelles, parce qu'elles contenaient plus d'or pour le même poids. Le proverbe transpose la préférence aux amitiés.
Les vieux amis valent mieux, comme les vieux écus, parce qu'ils ont fait leurs preuves dans la durée. La nouveauté brille, mais elle peut être faussée ; l'ancienneté ternit, mais elle est garantie. On se fie à ce qui a déjà résisté.
Cicéron exprimait cette préférence avec son éloquence habituelle.
Veterrima quaeque, ut ea vina quae vetustatem ferunt, esse debet suavissima. « Les amitiés les plus anciennes, comme les vins qui supportent l'âge, doivent être les plus douces » (Cicéron, De Amicitia, XIX)
Les Espagnols disent : amigo viejo y vino añejo, « vieil ami et vieux vin ». Les Anglais : old friends and old wine are best. Les Italiens : amico vecchio e vin vecchio. La métaphore œnologique s'est imposée dans toutes les langues, et pour cause : le vin et l'amitié obéissent aux mêmes lois de la maturation.
Le proverbe a son corollaire dans Un vieux ami est une seconde conscience. La vieille amitié n'est pas seulement plus sûre, elle est plus exigeante : elle sait, elle juge, elle avertit.
Voir aussi Le temps, qui flétrit tout, embellit l'amitié.
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