Proverbe sur les femmes

Il ne faut prêter ni son épée, ni son chien, ni sa femme

Il ne faut prêter ni son épée, ni son chien, ni sa femme.

La noblesse française avait jadis deux occupations importantes, la guerre et la chasse, et toujours elle se montrait sous le costume du guerrier ou celui du chasseur.

Ainsi tout bon gentilhomme devait être inséparable de son épée et de son chien ou de son faucon, qu'il regardait comme des attributs de sa dignité. Il lui était défendu par des capitulaires de nos rois de s'en dessaisir, et même de les donner pour prix de sa rançon, s'il venait à être fait prisonnier, défense provenue sans doute par suite de l'opinion qui notait d'infamie celui qui serait revenu du combat sans ses armes.

Quoi qu'il en soit, il attachait son honneur à ces objets comme à sa femme, et c'est à cette raison qu'il faut rapporter l'origine du proverbe.

Voir aussi Des femmes et des chevaux, il n'y en a point sans défauts et La femme de César ne doit pas même être soupçonnée.

Perspective historique

L'énumération 'épée / chien / femme' rappelle sans détour ce que le droit ancien posait en évidence : la femme était classée parmi les biens patrimoniaux du chef de famille, au même rang que les outils de guerre et de chasse. C'est précisément cette logique de propriété conjugale que les réformes civiles successives (loi de 1965 en France notamment) ont démantelée.

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