Une femme et un almanach ne valent que pour une année
Une femme et un almanach ne valent que pour une année.
Une femme avait un mari qui passait tout son temps dans sa bibliothèque ; elle alla l'y trouver, un jour, et lui dit :
Monsieur, je voudrais bien être un livre.
Pourquoi donc, madame ?
Parce que vous êtes toujours après.
Je le voudrais bien aussi, répliqua-t-il, pourvu que ce fût un almanach dont on change chaque année.
C'est de cette repartie maritale que les parémiographes font dériver le proverbe.
Cet usage, consacré par le droit coutumier de certains pays, permettait de prendre les femmes à l'essai pendant un an. On en usait ainsi chez les Basques, comme nous l'apprend Jean d'Arérac dans son livre intitulé : Pandectes ou Digeste du droit romain en français (ch. VI de la loi De quibus).
La même chose avait lieu dans les Hébrides et autres îles (Martin's Hebrides). Elle existait encore, dans le pays de Galles, à la fin du siècle dernier, si l'on en croit un article du Moniteur de l'an IX :
Chez les Gallois, on distingue deux sortes de mariages, le grand et le petit. Le petit n'est autre chose qu'un essai que les futurs font l'un de l'autre. Si cet essai répond à leurs espérances, les parents sont pris à témoin du désir que forment les candidats de s'épouser. Si l'essai ne répond pas à l'idée qu'ils avaient conçue, les époux se séparent, et la jeune fille n'en éprouve pas plus de difficultés pour trouver un mari.
On sait que Platon, dans sa République, substituait aux mariages des unions temporaires.
Voir aussi Maison faite et femme à faire et Une maîtresse est reine, une femme est esclave.
Au-delà de l'anecdote galante, l'article documente une pratique du 'mariage à l'essai' qui, vue d'aujourd'hui, ressemble surtout à un droit de répudiation unilatérale. Le proverbe assimile la femme à un objet de consommation à durée déterminée.
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