La femme ne doit pas apporter de tête dans le ménage
La femme ne doit pas apporter de tête dans le ménage.
Le mot tête se prend pour entêtement, volonté opiniâtre, dans ce vieux proverbe qui correspond très exactement, par le sens et par l'expression, à la maxime latine du moyen âge :
La femme ne doit pas avoir une tête à elle.
C'est-à-dire ne doit pas agir d'après sa propre tête.
C'est assez d'une seule tête chez un couple conjugal. S'il y en avait deux, elles ne sauraient compatir ensemble, car deux têtes de cette espèce ne sont pas de celles qui puissent réaliser le symbole proverbial des deux têtes dans un bonnet. Elles se choqueraient sans cesse comme les têtes de deux béliers furieux, et Dieu sait quels graves accidents il en résulterait pour l'une et pour l'autre.
Il faut donc que la femme renonce à la sienne, qu'elle se soumette à l'autorité raisonnable de son mari, et qu'elle n'ait d'autre volonté que la volonté de son mari.
Les Danois disent : Heureux ménage, lorsque la femme est sans volonté et qu'elle consulte son mari.
Voir aussi La poule ne doit pas chanter devant le coq et La femme veut porter la culotte.
Ce proverbe formule sans détour ce que les concepts juridiques modernes appellent l'absence de personnalité juridique de l'épouse : longtemps, en France et ailleurs, la femme mariée n'a effectivement pas pu disposer de son propre patrimoine, signer un contrat, exercer un métier ou même voyager sans l'autorisation maritale. C'est précisément cette 'tête' que la femme n'avait pas le droit d'avoir. La pleine capacité juridique des femmes mariées date, en France, de 1965.
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