Femme qui prend se vend, femme qui donne s'abandonne
Femme qui prend se vend, femme qui donne s'abandonne.
Ce proverbe, qu'on divise quelquefois en deux, est une sentence émanée des anciennes cours d'amour. Il n'a une juste application qu'en matière de galanterie, pour signifier que la femme qui reçoit des présents d'un homme met son honneur en danger ; et que celle qui fait des présents à un homme est tout à fait vile et déshonorée.
Jean-Jacques Rousseau a dit de cette dernière :
La femme qui donne est traitée par le vil qui reçoit comme elle traite le sot qui donne.
Gabriel Meurier rapporte, dans son Trésor des sentences, ce distique proverbial, qui propose une excellente règle de conduite :
Fille, pour son honneur garder,
Ne doit ni prendre ni donner.
Voir aussi Une maîtresse est reine, une femme est esclave et Il n'y a de femme chaste que celle qui ne trouve pas d'amant.
Ce proverbe résume une morale économico-sexuelle propre à l'Ancien Régime : la femme ne peut entrer en relation financière ni comme donataire ni comme bienfaitrice sans perdre son honneur. Cette double interdiction la maintient dans une dépendance complète. La conquête de l'autonomie financière et juridique des femmes au XXe siècle a précisément consisté à défaire cette équation honneur = chasteté économique.
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