La poule ne doit pas chanter devant le coq
La poule ne doit pas chanter devant le coq.
Proverbe qui se trouve textuellement dans la comédie des Femmes savantes de Molière, mais qui est antérieur à cette pièce, comme le prouvent ces deux vers de Jean de Meung :
C'est chose qui moult me desplaist
Quand poule chante et coq se taist.
Les Persans disent :
Quand la poule veut chanter comme le coq, il faut lui couper la gorge.
Proverbe dont ils font l'application aux femmes qui veulent cultiver la poésie. Ce même proverbe existe en France de temps immémorial chez les habitants de la campagne, pour exprimer, au figuré, une menace peu sérieuse contre les femmes qui se mêlent de discourir et de décider à la manière des hommes, et, au propre, une observation d'histoire naturelle.
Cette observation est que la poule cherche quelquefois à imiter le chant du coq, et que cela lui arrive surtout lorsqu'elle est devenue trop grasse et ne peut plus pondre, c'est-à-dire dans un temps où elle n'est plus bonne qu'à mettre au pot.
Voir aussi La femme veut porter la culotte et La femme ne doit pas apporter de tête dans le ménage.
Le proverbe sanctionnait toute femme qui se 'mêlait de discourir et décider à la manière des hommes' : c'est-à-dire toute femme qui revendiquait le statut de sujet pensant. La menace persane ('il faut lui couper la gorge') indique la violence implicite de cette injonction au silence. C'est précisément contre ce muselage que les femmes savantes : celles de Molière et celles qui ont suivi : ont eu à se battre.
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